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vendredi 1 juin 2018

Les cheminots devraient regarder davantage la télévision !





Le titre de cette chronique devrait interpeller le lecteur.

Quel rapport entre la SNCF et ce media ? Ce rapprochement paraît saugrenu, voire inconvenant.
Et pourtant que se passe-t-il à la télévision depuis plus de 10 ans ?

Les Français se sont découvert une passion pour les émissions de télé-réalité, les retransmissions de compétitions dans tous les domaines – sportif, culturel ou ludique. La fin de la saison pour « The Voice » et la suspension brutale de l’édition annuelle de Koh Lanta pour des problèmes d’agression sexuelle laissent les Français comme orphelins. Les responsables des chaînes télévisées et leurs annonceurs broient du noir.

Heureusement, l’année télévisuelle va être sauvée par la prochaine retransmission du championnat du monde de football.

Cet engouement du public pour ce genre d’émission ne devrait-il pas interpeller les commentateurs de la vie politique, les leaders politiques mais aussi les syndicalistes ?

On devrait se demander s’il n’y a pas là un phénomène de société qui serait un indicateur de l’évolution de la mentalité de nos concitoyens.

Quel est le constat ? Des millions de Français se passionnent, débattent en famille, au bureau, des mérites, des qualités, des défauts des candidats participant à ces différents jeux.

Cela ne met-il pas en lumière le goût et l’intérêt de nos compatriotes pour la compétition, c’est-à-dire en fait la concurrence ?

D’aucuns pourraient se gausser de cette analyse digne de propos de café du commerce en rappelant qu’à Rome, il y a plus de 20 siècles, les jeux étaient déjà l’opium de la Vox populi : « Panem et circenses ».

Cette critique mérite d’être analysée et décortiquée.

Il faut aller plus loin dans cette analyse de l’évolution de notre société et vérifier ce qui se passe en dehors du petit écran. Quel est le constat ? Il est sans discussion possible : on assiste depuis une dizaine d’années à l’explosion du nombre d’auto-entrepreneurs, à une vague de création de maisons d’hôtes, à l’essor stupéfiant des locations meublées par des plateformes comme Airbnb, à l’envolée des adhérents à Uber, mais aussi à la multiplication des startups françaises.

Tout cela démontre une volonté grandissante d’entreprendre chez nos compatriotes, mais il n’y a pas d’esprit d’entreprise sans acceptation de la concurrence.

Celle-ci apparaît désormais comme une valeur fondamentale de notre société. Le succès de ces émissions télévisuelles n’est donc que le reflet de l’évolution de la mentalité française.

Nos syndicalistes semblent refuser la concurrence. Or, si cette évolution sociétale semble être une tendance lourde de notre société : n’auraient-ils pas intérêt à faire évoluer leur doctrine ?     

A défaut, ne pourraient-ils pas être relégués dans les placards de l’histoire ?

Bernard MONASSIER
                                                                                       Président de BM FAMILY OFFICE
                                                                         Vice-Président du Cercle des Fiscalistes